L'atelier d'écriture animé par Léa Wajs 
par Annie Khachauda
C'est avec jubilation que nous retrouvons Léa une semaine sur deux pour notre atelier écriture, hormis la convivialité du groupe avec lequel nous partageons 3 heures de réflexion et de franche camaraderie, cet atelier animé par Léa dont l'écoute bienveillante et toujours indulgente a le mérite de nous réunir tous et toutes quel que soit notre âge.
Plus aucune barrière ne subsiste, Emmanuelle du haut de ses 22 ans nous éclaire par sa vision poétique de la vie, Jenny par son courage et son humour, Rose et Emile, Claude et Hélène, Suzanne, Paula et Maryse, nous nous enrichissons tous les uns les autres.
Nous redevenons des enfants, parfois graves, car il faut aller chercher loin et lovés dans notre mémoire des souvenirs tapis dans l'ombre que nous réveillons, ils sont tristes car la guerre et ses ravages sont passés par là, mais nous mettons des mots pour panser ces maux, la cicatrice se referme et la douleur s'estompe. Moi qui n'ai connu les affres de la guerre qu'à travers les témoignages de mes proches ou par la littérature, j'apporte cette touche gaie et colorée nécessaire à la cohésion du groupe. J'ai été ravie de décrire le Séder chez mes parents, il me semblait que tout le groupe était convié à la table familiale tant la proximité était palpable.
Je ne sais qui entre nous a dit ce jour-là: «Annie décrit la vie que nous aurions eue s'il n'y avait eu la Shoah! ». C'est un beau compliment qui m'a été fait ce jour-là.
Nous rions beaucoup dans notre atelier écriture. Merci à Léa de nous permettre de redevenir pour un temps des enfants insouciants, de jouer avec les mots, d'en inventer de nouveaux, de les assembler ou de s'y cacher derrière, bref de poser sur le papier nos joies et nos peines.
Je regrette quant à moi de ne pas continuer avec plus d'assiduité car alors je noircirai un peu plus mon carnet cela ferait un miroir magique dans lequel se réfléchiraient tous ceux que j'aime.