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Actuellement (début 2012) nous accueillons en résidence artistique le collectif 

Les Faux Amis, collectif de plasticiens composé 

de Lucie Pastureau, Hortense Vinet et Lionel Pralus 

Un projet de 6 mois avec une édition et des POMs 
(petits objets multimédia)
à la clé, une œuvre de fiction traitant de l'engagement volontaire des juifs étrangers pendant la seconde guerre mondiale.
 
Une commande de l'UEVACJEA  


Partenariat entre 

la Ligue de l'enseignement et l'UEVACJEA

L’art au service de la mémoire

Lucie Pastureau, Lionel Pralus, Hortense Vinet sont trois jeunes artistes réunis au sein du collectif Faux Amis. Résidences d’artistes, ateliers pédagogiques… leurs projets prennent des formes diverses. Actuellement en résidence pendant six mois, ils répondent à une commande conjointe de l’Union des engagés volontaires, anciens combattants juifs – leurs enfants et amis et de la Ligue de l’enseignement sur le travail de mémoire.
« Faux Amis » : Le collectif s’est formé en 2008. À l’époque, nous avions en commun des projets de fin d’études portant sur la famille, l’intime, la mémoire, ou encore la narration en photographie. L’idée du collectif était donc de conserver cette émulation, cette motivation qui nous avaient animés en travaillant ensemble. Et aussi de continuer à suivre le travail de chacun, car nous sommes très réceptifs aux sensibilités artistiques des uns et des autres, ce qui nous permet d’avancer collégialement dans notre démarche artistique. Et enfin, ce sont des raisons purement pratiques qui nous ont conduits à former ce collectif : réduire les coûts en partageant le matériel dans un premier temps. Ensuite, nous avons constaté que le collectif pouvait améliorer notre visibilité, sur Internet notamment – au travers de nos blogs, sites et pages Facebook.
Vous êtes actuellement en résidence d’artistes. En quoi cela consiste ?
Lorsque nous sommes en résidence, nous travaillons librement. Ici, il y avait une commande. À chaque commande sa particularité. Dans tous les cas, nous devons nous l’approprier pour « évaluer » la liberté de création dont nous disposons. Nous avons vécu notre première exposition en 2009, lors des Photaumnales de Beauvais, où nous avons présenté des œuvres autour de la question de la mémoire familiale. Actuellement en résidence à l’UEVACJEA (Union des engagés volontaires, anciens combattants juifs – leurs enfants et amis), nous abordons également la thématique de la mémoire mais, plus largement, en traitant de l’Histoire. Notre travail consiste ici à répondre à une commande conjointe de l’UEVACJEA et de la Ligue de l’enseignement sur l’engagement volontaire des Juifs étrangers pendant la Seconde Guerre mondiale (lire ci-dessus).
La mémoire se trouve au cœur de vos créations. Pourquoi cette thématique plutôt qu’une autre ?
Déjà, lors de nos travaux d’étude, nous traitions de la narration, de la construction du récit et de l’ellipse. Chacun avait travaillé, à sa façon, le thème de la famille et de l’enfance ; donc les souvenirs et la question de la mémoire. Nous partageons cet intérêt pour l’image récupérée, amateur, tirée de l’album de famille. Entre famille, mémoire et Histoire, nous faisons sans cesse des allers-retours. Le passage de l’intime à quelque chose de plus général nous intéresse particulièrement. Dans le cas de la résidence à l’UEVACJEA, c’est l’inverse, puisque notre travail consiste à singulariser une grande histoire.
Autre chose traverse nos œuvres : la mémoire des images. Les images d’archives, les photos d’histoire sont des images qu’on a tous déjà plus ou moins vues : ces photos posées, marquées par le noir et blanc. Dans la résidence de l’UEVACJEA, il s’agit de s’approprier ces images-là et de ne plus les considérer comme « simples » images d’histoire. Ceci pour pouvoir se projeter dans UNE histoire ; de raviver, avec le récit qu’on s’en fait aussi, ces photos, catégorisées comme appartenant au passé ; de les remettre en récit avec nos propres images, de réancrer cette histoire dans une réalité, d’où des images en couleur, des images en mouvement.
Vous menez en parallèle de la résidence des ateliers pédagogiques… Quelle forme prennent-ils et comment se combinent vos différentes activités ?
Animer des ateliers pédagogiques est effectivement un autre volet de notre activité. Les interventions en milieu scolaire nous ont plu dès le début. Aujourd’hui, nous animons des ateliers assez régulièrement auprès de publics d’enfants et d’adultes avec la Maison du Geste et de l’Image à Paris. Une partie de ce qui est produit en atelier pédagogique alimente notre travail de création car on s’y implique énormément. On teste des choses. Par exemple, on a testé en atelier, avec des enfants, la technique du « stop motion » qui consiste en une animation photo, image par image. Cette technique, nous l’avons réutilisée dans le cadre du projet avec l'UEVACJEA. Nos différentes activités ne sont ainsi jamais complètement cloisonnées. Nos expériences se nourrissent les unes des autres.


d'après les propos recueillis 
par Marie Brillant et Mélanie Gallard
parus dans le mensuel national 
de la Ligue de l'enseignement 
"Les idées en mouvement" n°198, avril 2012


Un ouvrage photographique pour 

«ne pas oublier»


La commande conjointe formulée par l’UEVACJEA et la Ligue de l’enseignement consiste, pour le collectif, à créer une œuvre de fiction traitant de l’engagement volontaire des Juifs étrangers pendant la Seconde Guerre mondiale. La première étape de la résidence a conduit les Faux Amis dans les Pyrénées-Orientales où ils ont été accueillis par la Ligue de l’enseignement 66.
Accompagnés d’Émile Jaraud, membre de l’UEVACJEA, les Faux Amis se sont d’abord rendus dans l’ancien camp de dépôt du Barcarès dans lequel ont été enfermés des républicains espagnols en 1939, puis devenu Dépôt central des R.M.V.E., où ont été formés les 21°-22°-23° R.M.V.E.et ayant servi de Centre de rassemblement des étrangers sous le régime de Vichy. Ils sont ensuite intervenus au lycée Léon Blum de Perpignan, auprès d’élèves travaillant sur le devoir de mémoire. Émile Jaraud a d’abord raconté son histoire familiale. Fils de parents juifs polonais immigrés en France, raflés puis déportés à Auschwitz, frère d’engagés volontaires, il fut caché jusqu’en 1945. Dans le prolongement, les Faux Amis ont présenté leur travail dans le cadre de leur résidence à l’UEVACJEA, puis ont évoqué de façon plus générale leur démarche artistique et la réalité de leur travail.
La création artistique des Faux Amis prendra la forme d’un ouvrage photographique qui allie textes et photos. Il retracera le parcours d’un jeune immigré juif polonais, engagé volontaire, au travers de ses correspondances avec une jeune Française juive dont il était amoureux. Pour ce travail, les Faux Amis ont travaillé sur quelque chose d’assez nouveau : « “Une sorte de mise en scène spontanée”, expliquent-ils, rattachée à des faits datés, sans pour autant que ce soit de la reconstitution. L’image évoque l’événement tout en restant assez ouverte. Sortie du livre, elle pourrait tout à fait parler d’autre chose, vivre indépendamment et résonner avec des événements d’aujourd’hui sans lien direct » Par ailleurs, l'ouvrage contiendra un DVD présentant plusieurs vidéos explorant la même période historique avec des narrations et des angles artistiques différents. 


d'après l'article de Marie Brillant

paru dans le mensuel national 

de la Ligue de l'enseignement 

"Les idées en mouvement" 

n°198, avril 2012