Dimanche 17 novembre 2013 
en matinée, 
nous avons eu le privilège d'accueillir dans nos locaux 
Hélène Mouchard Zay, 
présidente du CERCIL 
et 
l'historienne 
Annette Wiewiorka.

Toutes deux ont animé cette conférence consacrée à la vie, au parcours politique de Jean ZAY, sa détention et son assassinat. 
Dans un premier temps, elles ont rappelé le prestigieux palmarès de ce tout jeune ministre de l'Education Nationale et des Beaux Arts du gouvernement de Léon Blum sous la troisième république.
De 1936 à 1939, Jean ZAY cumulera le nombre des réalisations qu'il a eu l'audace et la clairvoyance de mettre en place au cours des trois années de ses deux ministères, celles des grandes institutions de France, l'ENA, le CNRS, celles des Musées de l'Homme, de l'Art Moderne, des Arts et Traditions Populaires, le Palais de la Découverte, il soutient le projet du Festival de Cannes créé en 1939 pour contrecarrer le festival de Venise soumis à la botte fasciste d'Hitler et Mussolini. 
Mais survinrent les évènements de septembre l939.
Jean ZAY démissionne de ses mandats ministériels pour pouvoir s'engager dans la lutte contre l'occupant. Dans l'objectif de former un nouveau gouvernement, il s'embarque avec Mendès France et Georges Mandel sur le Massilia en direction de la ville d'Alger.
Mais la trahison de Vichy et ses ordres pervers le mèneront pendant quatre ans dans les geôles de Riom, après qu'il ait été condamné "pour désertion " par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand.
Le temps d'un instant, au rappel de l'un des éléments de la sentence qui lui a été infligée "la dégradation militaire", comment ne pas faire un parallèle entre l'affaire du Massilia et l'affaire Dreyfus ?
L'émotion est tangible, le public reste quelques instants silencieux avant que les questions ne fusent et que le débat commence.
Madame Annette Wiewiorka en sa qualité d'historienne précise l'historique des évènements, les lieux, les dates. 
Madame Hélène Mouchard Zay décrit avec tendresse le courage dont son père a fait preuve durant ses longues années d'enfermement dans la cellule des condamnés à mort, sa formidable résistance face aux humiliations, aux cruelles conditions de son enfermement, sa force morale restée intacte malgré l'indignité de ses bourreaux qu'il subit sans faiblir. 
Tout ce temps de vie de sa détention est annoté, jour après jour, dans le journal qu'il a tenu et intitulé

   "SOUVENIRS ET SOLITUDE"
 
Le 20 juin 1944, Jean ZAY abusé par la perversité des miliciens chargés de le "liquider" sera abattu à Molles. Son corps jeté au fond d'un puits ne sera retrouvé qu'en 1946.

Paru chez Belin, avec en couverture le doux regard de Jean ZAY, son ouvrage a été
dédicacé par sa fille, Hélène Mouchard ZAY, non sans émotion ressentie de part et d'autre.


Compte rendu de Nadia Grobman