Pendant 37 ans, j'ai enseigné l'Histoire-Géographie au lycée Sainte Famille à Amiens. J'ai donc souvent expliqué la seconde Guerre mondiale à mes élèves et, bien sûr, la déportation. Pour rendre mon cours plus percutant, je partais d'un article du Courrier Picard intitulé «La rafle inconnue des juifs Picards». Ces 51 malheureux, arrêtés le 4/01/1944, puis transférés à Drancy, ont formé le 20/01, avec des centaines d'autres personnes, le convoi 66 qui les a emmenés à Auschwitz.

L'article du Courrier (7,8 et 9 mai 1993) publie la liste de ces déportés originaires de la Somme et de l'Oise, avec notamment leur âge, leur profession, leur adresse. Or, le premier nom de la liste est celui d'une fille de 14 ans, Cécile REDLICH. Je me souviens parfaitement avoir dit à mes élèves: "Derrière chaque numéro, chaque nom de la liste, il y a une vie qui a été supprimée, avec ses projets, ses espérances qui ont été anéanties au nom d'une idéologie barbare. Prenez par exemple, le premier nom de la liste, qui était cette Cécile REDLICH, comment était-elle?" Je n'imaginais absolument pas avoir un jour une réponse à cette question.

Or, fin novembre 2010 avec deux collègues du lycée, j'ai pu accompagner un groupe d'élèves à Auschwitz-Birkenau. Nous avons passé une journée entière sur le site. Au cours de la visite, nous sommes entrés dans le block 20, devenu Pavillon français. Le bâtiment est consacré aux victimes françaises du génocide et l'une des salles a ses murs totalement couverts de photographies d'enfants. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé nez à nez avec la photo de Cécile, parmi des centaines d'autres. Quel choc et quelle émotion! Au bas de la photo, une inscription mentionne les parents de Cécile, déportés eux-mêmes en 1942, à des dates différentes.

Cécile REDLICII avait 14 ans. Elle a été été déportée par le convoi n°66 du 21 janvier 1944. Son père été déporté par le convoi n° 12 et sa mère, Gida par, le convoi 42

De retour à Amiens, je me suis lancé dans les recherches sur la famille REDLICH. Je me suis rendu plusieurs fois aux Archives départementales. J'ai pu glaner divers renseignements sur les parents, d'origine polonaise. J'ai recueilli sur Internet le témoignage d'une camarade de classe de Cécile. Elle a fréquenté l'École Primaire Supérieure de Filles, rue Puvis de Chavannes à Amiens. D'autre part, j'ai appris qu'après l'arrestation de ses parents Cécile avait été confiée à l'Assistance Publique et recueillie par ses anciens voisins au 79, route d'Albert jusqu'à sa propre arrestation le 4/01/1944.

Enfin, "Mémoire vivante", bulletin de la Fondation pour la mémoire de la déportation, consacre tout un dossier au convoi 66 dans son numéro 65 de juin 2010 (site: www.fmd.asso.fr). Les témoignages recueillis dans ce dossier évoquent ce qui s'est passé à l'arrivée au camp. Sur plus de 1100 déportés, 864, dont Cécile, ont été gazés à l'arrivée.

Je continue mes recherches sur Cécile, sa famille, ainsi que sur sa famille d'accueil ( Mr et Mme WAETERLOOT), mais c'est très difficile et je suis à l'affût du moindre renseignement. J'ai une photo de Cécile mais pas de ses parents.

Claude WATTEEL. 3 rue Agrippa d'Aubigné 80 000 Amiens. tel: 03 22 90 60 59.

claude.watteel@wanadoo.fr

NB. Renseignements complémentaires.

Le père: Zelmann-Isidore REDLICH est né le 28/02/1898 à Koszyce (Pologne). La mère: Gitla REDLICH née TCHAPNIK est née le 28/03/1905 à Varsovie. La fille: Cécile REDLICH est née le 29/04/1929 à Paris.

À ma connaissance, il n'y a plus de REDLICH à Amiens, ni même dans le département de la Somme, mais il en reste à Paris et, parmi eux, probablement des membres de cette famille, avec qui j'aimerais beaucoup entrer en contact.

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