NON AU RACISME 
ET A L’ANTISEMITISME EN FRANCE
En 1939, au déclenchement de la deuxième guerre mondiale, 83 000 étrangers, dont 30% de juifs, résidant sur le sol français s’engagèrent volontairement pour la France. Près de vingt-cinq mille d'entre eux, étaient des Juifs étrangers, en effet, quse précipitèrent pour défendre leur patrie d’adoption. Beaucoup moururent au combat sur tous les champs de batailles, les survivants furent emmenés en Allemagne dans les « stalags » et d’autres continuèrent le combat dans les rangs de la France Libre et de la Résistance. Ils se sont battus au risque de leurs vies pour défendre les valeurs sacrées de la République Française.
Après la victoire et la découverte de l’ampleur des charniers et de l’horreur qu’avait engendrés le Nazisme et ses idées racistes et antisémites, et avec l’éducation et l’enseignement républicain de la Mémoire, on pouvait croire révolu le temps des haines racistes et antisémites.
Dans la France d’aujourd’hui, hélas, on entend publiquement proférer des insultes contre une ministre de la République en raison de sa couleur de peauEt l’antisémitisme se décline non seulement dans tous les milieux, parfois même à l’insu de ceux qui l’expriment en protestant de leur bonne foi, mais il se scande ouvertement lors de manifestations de rue ! On peut donc légitimement se poser la question : la France n’est-elle pas effectivement en train de glisser sournoisement vers l’antisémitisme ?
Nousl’Union des Anciens Combattants Engagés Volontaires Juifs, nous sommes les enfants et les amis de ces Juifs qui se sont levés, quittant travail et famille pour que la République ne soit plus souillée par cette infamie, alors que d’autres se complaisaient dans la fange de l’ennemi nazi et du fascisme, les ennemis de la liberté et de la démocratie. Leurs successeurs voudraient aujourd’hui reprendre à leur compte le flambeau de la haine, de toutes les haines
Avec force, il faut se lever et s’y opposer etcomme ont su le faire nos pères, il faut dire NON !
Le bureau de l'Union des Engagés Volontaires, Anciens combattants juifs leurs Enfants et Amis "UEVACJEA";

Tribune co-signée par Albert Herszkowicz, Philippe Joutard, Gérard Lauton et Antoine Spire et publiée dans le Huffington Post le 7 février 2014
Une parole raciste et antisémite se déploie et se banalise, encouragée par des discours haineux et médiatiques tels ceux de Dieudonné. Cela engendre un climat délétère. En marge de ces dérives, une campagne se développe pour invoquer le "droit de rire de tout", y compris dans le registre de l'injure, du négationnisme, de la haine des Juifs. Certains invoquent la liberté de pouvoir tout laisser dire, même ce qui est inacceptable sur le plan éthique. C'est ignorer que Dieudonné, depuis qu'il fraye avec les négationnistes, ne se situe pas dans le registre de l'argumentation, mais dans celui d'une diffusion de ses anathèmes contre les Juifs. Cela constitue une atteinte radicale au vivre ensemble républicain.
Il est particulièrement inquiétant que cette résurgence des stéréotypes de la haine ait trouvé un nouveau terrain dans une université. En avril 2013, une vingtaine d'étudiants de l'université de La Rochelle ont joué avec l'aide de subventions publiques une pièce de théâtre intitulée "Une pièce sur le rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale". Cette pièce prétend dénoncer les "excès de la finance folle". On s'y moque des pauvres, des prostituées, des Chinois, des homosexuels, etc. Elle présente les Juifs comme les responsables de l'horreur financière du monde. 
La pièce met en scène une machination d'une banque juive dans laquelle les enfants seront évalués avant leur naissance et contraints, une fois devenus adultes, de verser une part importante de leur salaire. Bref, une forme nouvelle d'esclavage inventée par les Juifs. Dans la pièce, un cuisinier d'un camp de concentration nazi, personnage devenu plutôt sympathique, est pourchassé par des Juifs ultra-orthodoxes, vulgaires et vindicatifs, et l'un d'eux se réconcilie avec ce nazi... en échange d'une liasse de billets. Ce sont bien les Juifs qui sont visés dans la pièce. Ils sont au centre du dispositif, et sans eux, il ne resterait rien de cette "œuvre"…

Signataires : LICRA ; MRAP ; UAVJ ; MEMORIAL98 ; COLLECTIF VAN ; CONFRONTATIONS EUROPE - Éliette Abécassis, Romancière ; André Antibi, Professeur émérite à l'UPS (Toulouse 3) ; Arnold Bac, Professeur d'École honoraire ; Roger Benguigui, Secrétaire général de la LICRA ; Corinne Bitoun, Avocate ; Léon Brenig, Professeur de physique, Université de Bruxelles ; Michel Canet, Président de l'UFAL (Union des familles laïques) ; Jean-Claude Casanova, membre de l'Institut ; Marjolaine Chevallier, MCF honoraire à la Faculté de Théologie protestante, Univ. Marc Bloch, Strasbourg ; Jean-Yves Duyck, Professeur émérite de Sciences de Gestion, Université La Rochelle ; Olivier Gebuhrer, MCF honoraire de mathématiques, co-animateur de UAVJ ; Wladimir Glasman, Professeur d'arabe ; Michel Goldberg, Institut Pasteur, Professeur émérite ; Michel Goldberg, INSERM, Professeur émérite ; Michel Goldberg, musicien de jazz ; Gérard Gunzig, Professeur de physique, Université de Bruxelles ; Albert Herszkowicz, Président de Memorial98 ; Philippe Herzog, Président fondateur de Confrontations Europe et Claude Fischer, Présidente ; Philippe Joutard, historien, ancien recteur ; Marc Knobel, historien ; Gérard Lauton, universitaire (UPEC), membre de la Commission Administrative nationale du SNESUP-FSU ; Pascal Lederer, CNRS, DR émérite, co-animateur de UAVJ ; Bernard Maro, DR émérite, Médaille d'argent du CNRS ; Isabelle De Mecquenem, Philosophe, Université de Reims ; Sabine Missistrano, Présidente d'Honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (Belgique) ; Seta Papazian, Présidente du Collectif VAN (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme) ; Gilles Perrault, écrivain ; Alain Policar, Politologue, Centre de recherches politiques de Sciences-Po (CÉVIPOF) ; Richard Prasquier, ancien Président du CRIF ; François Rastier, Directeur de recherche (CNRS) ; Nathalie Sayac, universitaire (UPEC) ; Bernard Schalscha, membre du Comité de rédaction de La Règle du jeu ; Philippe Schmidt, Vice-Président de la LICRA, Président de l'INACH (International Network Against Cyberhate) ; Marianne Seckel, Pasteur de l'ÉPUdF (Église Protestante Unie de France) à La Rochelle et l'Île de Ré ; Antoine Spire, journaliste, Vice-Président de la LICRA ; Pierre-André Taguieff, Directeur de recherche (CNRS) ; Gérard Unger, Président de Metrobus, Président de Jcall ; Emmanuel Wallon, Professeur de sociologie politique.
Le bureau de l'Union des Engagés Volontaires, Anciens Combattants Juifs leurs Enfants et Amis "UEVACJEA" est signataire de cette tribune