Voyages
                                    renseignements
                                   lundi de 14 à 18 h
                                      01 42 77 73 32

SUR LES TRACES DU PATRIMOINE JUIF ALSACIEN

du 15 au 18 septembre 2008

par Simone Audrain



cliquer sur cette photo

.

Le Mémorial national de la Déportation sur le site de l'ancien camp de Natzweiler

© Jacques ROBERT-SGA/DMPA

-o-o-o-o-o-o-o-o-

LES CAPITALES BALTES

Circuit TALLINN – RIGA – KAUNAS - VILNIUS

9 jours / 8 nuits

du 13 au 21 Mai 2008

Longtemps restés à l’écart du tourisme, les Pays Baltes offrent à présent les merveilles de leur riche et passionnante histoire. Plongeant leurs racines dans un Moyen Age florissant, ils ont connu de nombreuses vicissitudes, entre mondes slave, germanique et scandinave. Malgré des dominations souvent violentes, ils ont su préserver une réelle originalité culturelle et ils offrent désormais toute la beauté de leurs villes restaurées. Leurs paysages doucement vallonnés, semés de châteaux et de lacs, influencés par la présence de la mer sont une composante incontournable de leur personnalité.

Jour 1 : mardi 13 mai : Paris – Tallinn

11H10Envol pour Tallinn sur vol régulier de la compagnie Estonian Air.
15H20Arrivée à Tallinn. Accueil à l’aéroport par votre guide francophone et transfert en centre ville pour une première découverte de la ville. Depuis son indépendance Tallinn est rapidement devenue une ville dynamique qui s’ouvre largement au commerce international et au tourisme. Installation à l’hôtel. Dîner.

Jour 2 : mercredi 14 mai : Tallinn : Visite guidée de Tallinn. Au programme figurent la ville haute avec la citadelle de Tompea perchée sur une colline, la cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski, l’église du Dôme et la ville basse dont la muraille du 14e siècle enserre des ruelles tortueuses. Visite du palais de Kadriorg, belle réalisation baroque due au tsar Pierre Ier, qui contient une intéressante collection de peinture ancienne. Déjeuner. Visite de la synagogue et du centre communautaire juif. Visite de la prison Patarei. Dîner.

Jour 3 : jeudi 15 mai : Tallinn - Riga : Route vers le sud jusqu'à Pärnu, petite station thermale de la côte ouest estonienne. Visite de Pärnu avec l'église orthodoxe Sainte-Catherine et l'église luthérienne Sainte Elisabeth, la tour Rouge, la vieille ville... Déjeuner. Passage de la frontière lettonne et poursuite le long du littoral de la Baltique jusqu'à Riga, capitale de la Lettonie. Installation à l’hôtel. Dîner.

Jour 4 : vendredi 16 mai : Riga : Journée consacrée à la visite de Riga. La vieille ville hanséatique aux étroites ruelles bordées de vieilles maisons comprend la cathédrale luthérienne, l’imposante église Saint-Pierre surplombée d'un superbe clocher de 122 m de haut, l’église Saint Jacques, le château de Riga, le Parlement, les maisons « Les Trois Frères », les maisons des guildes. Déjeuner. Visite du quartier de la Maskava (Le Petit Moscou) qui abritait autrefois l’ancien ghetto juif dont des milliers d’habitants furent massacrés au camp de Salaspils au cours de la Seconde Guerre mondiale. Visite de la synagogue de Riga et du musée juif retraçant l’histoire du ghetto. Continuation pour la forêt de Bikernieki, site d'extermination massive de juifs. Retour à l’hôtel. Dîner.

Jour 5 : samedi 17 mai : Riga- Kaunas : Départ en direction de la Lituanie, et arrêt à Salaspils (15 km) pour une visite du mémorial aux victimes de la Shoah. Continuation pour Rundale. Déjeuner. Visite du palais de Rundale. Située au cœur d’un beau parc à la française, cette magnifique réalisation baroque et rococo très bien conservée et transformée en musée, est due à l’architecte italien Rastelli, auteur de nombreuses constructions de Saint-Pétersbourg. Route pour Kaunas. Installation à l’hôtel. Dîner.

Jour 6 : dimanche 18 mai : Kaunas : Visite guidée de Kaunas, la seconde ville du pays située au confluent de deux rivières. Elle eu la chance d’être épargnée par les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Visite de la vieille ville avec le château remontant au 13ème siècle, l’ancien hôtel de ville surnommé le Cygne blanc, l’église Vytautas, celle de Saint-François-Xavier et la cathédrale fondée en 1408. La place Rotuses est entourée de belles maisons des 15ème et 16ème siècles (aucune entrée incluse). Déjeuner. Visite de la ville sur le thème du patrimoine juif. Kaunas (anciennement Kovno) fut un centre spirituel et culturel juif très important. Avant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive représentait un quart de la population de la ville. Visite du Fort 9, ancien camp de concentration, et de la maison de Sugihara, consul japonais qui a délivré des visas à plusieurs milliers de juifs pendant l’occupation nazie. Visite de la Yeshiva Slobodka, quartier pauvre de la ville, qui était l’une des institutions d'études juives parmi les plus prestigieuses d’Europe.

Jour 7 : lundi 19 mai : Kaunas - Vilnius : Départ pour Vilnius avec un arrêt au château de Trakai.Bâtie sur une île d’un lac, cette superbe forteresse restaurée protégeait au Moyen Age la capitale du pays. Déjeuner. Continuation pour Vilnius et tour de ville panoramique. Pittoresque ensemble de ruelles, le centre historique est marqué par la cathédrale néoclassique et son clocher d’où part la belle avenue Gediminas. Au cours de votre promenade vous rencontrerez de nombreux témoignages de l’histoire de la ville très marquée par l’art baroque qui lui a laissé de nombreuses églises et monastères. Installation à l’hôtel. Dîner.

Jour 8 : mardi 20 mai : Vilnius : Visite de l’ancien quartier juif avec la synagogue et le cimetière juif où se trouve la tombe de Gaon Rabbi Eliyahu. Visite du musée national des juifs de Gaon qui ressemblelesobjets de culte juif, des photographies, livres et documents sur la vie de la communauté. Déjeuner. Départ pour la forêt de Poneria, lieu d’exécution des habitants du ghetto. Retour à Vilnius. Temps libre. Dîner.

Jour 9 : mercredi 21 mai : Vilnius - Paris : Transfert à l’aéroport de Vilnius.

7H35 Envol à destination de Paris sur vol régulier de la compagnie Flyal Lithuanian Airlines.

9H25 Arrivée à Paris

========================================


           Voyage à Amsterdam

par Henri Zytnicki



Organisé par Suzanne Grinblatas pour l’Union, un groupe d'une vingtaine d'adhérents a effectué un voyage à Amsterdam.
Un départ matinal en Thalis nous a amené sur place en fin de matinée, là notre guide nous attendait.
Sitôt débarqués, elle nous a conduit au bord d’un canal. Nous avons embarqué à bord d’une vedette qui nous a fait visiter la ville vue des canaux. Nous avons pu admirer l’architecture très caractéristique de ces maisons étroites, de ses pignons, en escalier, rond ou pointu, avec ses potences à poulie qui servaient à monter les meubles dans les étages parce que les escaliers étaient trop étroits. Après avoir déjeuner nous sommes allés voir la maison de Rembrandt, nous avons pu admirer ses toiles célèbres, réputées pour ces clairs-obscurs. Après une bonne nuit passée dans un hôtel confortable, nous avons repris la visite du centre historique de la ville en car. Le Palais Royal sur le Dam, la Westerkerk, église qui abrite le tombeau de Rembrandt, la maison d'Anne Franck ainsi que d'autres monuments. L'après-midi nous avons pris la route pour visiter une fromagerie, et nous rendre à Volendam petit port pittoresque, avec ses rues animées par les touristes et les commerçants. De là, nous avons embarqué pour Marken une île sur le grand lac intérieur reliée au continent par une digue (Dam en néerlandais. Nous avons visité ce village très fleuri, et quelques-uns uns d’ entre nous en ont profité pour manger du hareng à la manière hollandaise, en le tenant au-dessus de sa bouche par la queue.
Le lendemain, nous sommes allés voir la synagogue portugaise bâtie par les juifs portugais chassés de leur pays par l'Inquisition et les monarques catholiques en 1492. Un musée juif a été installé dans une ancienne synagogue ashkénaze d'Amsterdam. De nombreux objets du rituel religieux y sont exposés ainsi qu'un chandelier à neuf branches richement travaillé devant un oratoire en marbre.
Le 4 mai est une journée fériée en Hollande à la mémoire de toutes les victimes du nazisme. Dans tout le pays il y a 3 minutes de recueillement ou tout s'arrête dans un silence total. Pas loin de notre hôtel se trouve un monument rappelant l’exécution de plusieurs otages en représailles à un attentat contre l'armée allemande. Ce fut une cérémonie émouvante. Il y eut une prise de parole par un officiel, la sonnerie au mort, puis l'hymne national joué par trois musiciens et chanté avec beaucoup deferveur par le public. Après le dépôt de gerbes de fleurs qui a littéralement recouvert la dalle du monument, nous nous sommes aperçus du grand nombre de personnes qui s’ étaient rassemblés en silence.
Nous avons aussi allé admirer l'exposition ” Duo Rembrandt le Caravage” au musée Van Goth. Pour les trois musées que nous avons visités nous avions un vidéo guide qui nous en expliquait l’ historique, et pour les peintres leur travail.
Pour notre dernier jour en Hollande sur le chemin de La Haie ou nous devions prendre le train du retour, nous nous sommes arrêtés à Leiden la ville ou est né Rembrandt pour faire une visite de ses principaux monuments, Hôtel de Ville, moulin, pont levant puis à
l’ emplacement de la maison natale du peintre il y a une statue représentant un enfant regardant un auto portrait de Rembrandt.
En suite ce fut la cerise sur le gâteau, KEUKENHOF, parc floral de 32 hectares entouré à perte de vue de champs de tulipes aux multiples couleurs.
A l'intérieur un enchantement de massifs de tulipes et de toutes autres sortes de fleurs, des pavillons avec des compositions d’ orchidées de couleurs et de formes différentes, un vraie plaisir des yeux.
Après tant de beauté il a cependant fallu reprendre le train pour Paris.
Nous étions tous très heureux d'avoir participé a ce voyage qui s’ est déroulé dans un climat d’ amitié et de convivialité.
Je pense que le voyage à Vienne que nous prépare Suzanne se déroulera dans le même esprit.

 




 Rendez-vous le 15 septembre, gare de l'Est, à côté de la boutique Jeff de Bruges. Choix apparemment anodin Mais notre voyage associera découvertes, culture et gastronomie. Après deux heures vingt dans le TGV Est que nous découvrons (fauteuils violets et orange) nous arrivons en gare de Strasbourg à l'impressionnante voûte de verre. Nous nous rendons à notre hôtel, en face de la gare et nos chambres sont prêtes ! Bon augure pour la suite. Départ pour la visite de Strasbourg avec notre guide Viviane Belley. La vieille ville de Strasbourg est en grande partie située entre les bras de l'Ill, affluent du Rhin (ce dernier étant environ à un kilomètre). Nous nous arrêtons sur le Pont National. On nous fait remarquer des immeubles de facture moderne, et plus loin, quai Kléber un espace sans construction, c'est là que se trouvait la synagogue détruite par les nazis en 1940. Nous passons ensuite devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux et empruntons la Grand Rue. Nous arrivons au Quartier de la Petite France aux vieilles maisons à colombages, aux balcons fleuris de géraniums, en particulier la Maison des Tanneurs (1572). Elles ont des ouvertures sous les toits pour ventiler les combles où l'on entreposait les provisions, où l'on faisait sécher les peaux, les caves étant souvent humides voire inondées. Nous nous dirigeons ensuite vers l'église Saint Thomas, puis la place Gutenberg et enfin apparaît la cathédrale, véritable dentelle de pierre, en grès rose des Vosges, construite dès le XlIème siècle, terminée au XIVème. Elle est célèbre pour sa flèche qui culmine à 142 mètres, pour ses sculptures et ses vitraux. A l'intérieur, l'horloge astronomique, exécutée entre 1550 et 1574. Nous attendons 16 heures pour qu'elle révèle ses secrets. La guide en profite pour nous expliquer ce que nous allons voir : la galerie des Apôtres, le char de la lune et apollon, deux anges dont l'un tient un sablier qui se retourne après le quatrième coup d'horloge. Il nous indique que la vie est éphémère. D'autres personnages dont la mort se montrent puis disparaissent. C'est une merveille de technologie. Au fond de l'autel, une vierge et au-dessus le drapeau de l'Europe a 12 étoiles. A l'extérieur, ornant le portail du transept sud, le jugement de Salomon en sculpture et de chaque côté une statue.

A gauche elle représente la religion catholique au port de tête altier et regardant droit devant elle, à droite, la religion juive, tête baissée, détournée, portant un bandeau sur les yeux et semblant laisser tomber les Tables de la Loi. No comment !
Nous poursuivons la visite par la Jugengasse et dans une ruelle se trouve un Mikvé du XIllème siècle, découvert lors de la construction d'un immeuble. Nous arrivons ensuite à la passerelle des Juifs qui franchit l'un des bras de l'III. Les Juifs l'empruntaient pour entrer et sortir de la ville où ils travaillaient, mais ils n'avaient pas le droit d'y loger.
Viviane profite de ce petit arrêt pour nous rappeler les conditions de vie des Juifs. Toujours le même schéma. Quand on en a besoin on les appelle, puis on les taxe et quand on veut s'en débarrasser on les expulse. Ils n'ont aucun droit et surtout pas celui de s'installer à demeure. De quoi vivent-ils alors ? Ils sont colporteurs, marchands de bestiaux...
Après avoir franchi la passerelle, nous sommes place de la République, avec l'Opéra, le Palais du Rhin, l'Hôtel de la Préfecture, la Bibliothèque Nationale Universitaire ... Là commence l'extension de Strasbourg.
Nous prenons le tram au profil aérodynamique de TGV pour rentrer à l'hôtel, fourbus. Une heure de repos et nous repartons dîner au restaurant le Strissel. Après le dîner, retour à l'hôtel, à pied, la promenade digestive s'imposant, Jean-Pierre Lambert et son épouse nous accompagnent. Il se révèle être un guide hors pair, commentant le style des maisons et en particulier celui des oriels, fenêtres formant une avancée, un encorbellement, typiques en Alsace.
Deuxième jour : véritable découverte du judaïsme alsacien.

Nous nous rendons en car à Obernai. Les juifs s'y sont installés dans le sillage des Hohenstaufen au milieu du XIlème siècle. La première synagogue est attestée en 1454. Au gré des vicissitudes historiques, les juifs sont tour à tour acceptés, expulsés, victimes de pogroms. Rien de bien nouveau hélas !
En 1696 existe déjà une synagogue, et la communauté s'agrandit au XIXème siècle.
Nous sommes reçus par une dame (membre de la communauté), à l'intérieur de la synagogue de style Néo-roman, inaugurée en 1876, et réinaugurée en 1948. Elle nous fait part des problèmes rencontrés : pas de rabbin attitré et communauté affaiblie. Certaines synagogues dans les environs ont été vendues avec l'accord du consistoire et des mairies, car il était difficile de les maintenir sans fidèles et avec beaucoup de frais d'entretien.
D'autres vestiges existent : dans une cour des lettres hébraïques, une clé d'arcade avec les deux mains bénissant d'Aaron... Nous traversons la place du Marché, dominée par le beffroi et flanquée d'un côté de la halle au blé, à la façade avec pignon, et de l'autre côté l'Hôtel de Ville où siégeait le tribunal des bourgeois (1870). Sur sa façade, un endroit pour attacher les chevaux et, creusé dans la pierre, un couteau indiquant la dimension maximale qu'il devait avoir pour pouvoir pénétrer en ville. Derrière, la ruelle des juifs avec des lettres hébraïques autour d'une porte.
Retour au car, dernier coup d'oeil à la synagogue et aux remparts et en route pour la dégustation chez un vigneron.
La route des vins traverse de nombreux villages, des coteaux plantés de vignobles. On aperçoit au loin la tristement célèbre ligne bleue des Vosges et le Mont Sainte Odile.

Arrêt chez la famille Geiger-Koenig qui nous briefe sur les différents cépages. Plus de secret pour nous, nous jonglons avec pinot gris, pinot noir, crémant, riesling, gewurztraminer, silvaner ... heureusement accompagnés de kougelhof maison.
Nous nous rendons à Riquewihr pour le déjeuner après avoir traversé des villages où la guide attire notre attention sur les portes d'entrée, les vestiges de remparts, et dans l'un des villages des petits coeurs sur le faîtage des maisons (ils indiquent qu'il y a une fille à marier) ou une bouteille avec un gobelet (c'est un garçon à marier). Quelques toits aux tuiles vernissées comme en Bourgogne et de temps en temps des nids de cigognes. Mais nous n'en voyons aucune. Normal direz-vous, elles sont parties pour l'hiver, mais c'est en partie vrai seulement. Un moment menacé de disparition, l'oiseau emblématique d'Alsace semble aujourd'hui sauvé grâce à une association créée en 1983. Certaines cigognes ne migrent plus,mais elles restent invisibles.
Enfin le restaurant, la restauratrice n'est pas d'un abord commode mais le menu est alléchant : saumon sur lit de choucroute, vin blanc... et petit à petit les choses s'arrangent.
Pas de sieste ! On se dirige vers le car en passant devant le musée des transports et des communications direction Colmar.
Nous y sommes accueillis par une statue de la Liberté semblable à celle de New York, mais en plus petit ; Colmar est en effet la ville de Bartholdi, le sculpteur.

Nous prenons le petit train, mettons les oreillettes et essayons d'écouter les commentaires superficiels et inaudibles. Petit intermède : " tais-toi – mais je n'ai rien dit, je prenais une photo – mais si – mais non – on n'entend rien et tu parles... non... si..."
Pendant ce temps-là on passe devant la maison aux têtes, la fontaine de l'ancien marché, la petite Venise et ses canaux, l'église Saint Pierre, l'ancienne douane... ce petit tour se termine, on a tout vu et rien vu !
On se rend à pied à la synagogue. Elle est surmontée d'une cloche car elle a été construite par le même architecte que l'église, elle sert à actionner l'horloge. Nous sonnons car nous sommes attendus. Un long moment s'écoule, nous sommes prêts à partir et la porte s'ouvre ; nous ne le regrettons pas. Un rabbin nous fait pénétrer à l'intérieur de la synagogue. La Bima est au centre, il y a une chaire et deux galeries au fond.
La première devait accueillir un orgue (mais le rabbin de l'époque s'y était opposé) et la seconde était réservée aux femmes.
Au-dessus de l'Arche, une rosace représentant deux lions, vitraux orangé et rouges. Quand on confond les deux couleurs, c'est le début du shabbat La rosace de la synagogue d'Obernai remplissait aussi cette fonction)
Le rabbin est sympathique, ouvert et répond à toutes nos questions. Nous le quittons avec regret et bénéficions d'une demi-heure de temps libre.

Colmar est une ville intéressante que nous avons "survolée". Mais le programme étant chargé il faut savoir faire des impasses. Dommage ! Y reviendrons-nous ?
Retour à Strasbourg et dîner au restaurant Bæckeofe qui est aussi le nom du plat typique que nous allons déguster, c'est une sorte de potée de pommes de terre et de trois viandes (boeuf, veau, porc) marinées dans du vin blanc d'Alsace et cuites en terrines. Le nôtre était composé de pommes de terre et de canard et il n'y a pas besoin d'avoir faim pour en manger, hélas !
Retour à l'hôtel à pied, nouvelle promenade digestive.
Troisième jour : déjà ! Même chauffeur, Brigitte, mais nous sommes accompagnés par Pierre Boulay, spécialiste du patrimoine juif.
Pendant le trajet en car jusqu'à Ettendorf, il nous présente le pays d'Hanau Lichtenberg, rattaché à la France en 1636, pays le plus protestant d'Alsace. Il existe 50 églises simultanées dans lesquelles se pratiquent la fois le culte protestant et le culte catholique. Dans le Hanau une présence juive est attestée depuis l'an 700 environ. Ils sont tolérés et protégés selon le principe de féodalité. C'est un judaïsme rural qui a disparu dans les premières décennies du XXème siècle. Seuls les marchands de bestiaux ont survécu.
Nous découvrons le cimetière d'Ettendorf, perdu dans la campagne. On y accède par un petit sentier et notre guide, Béatrice Sommer, trace un historique de ce lieu.
A cet endroit dès 700 il est mentionné l'existence d'un cimetière juif.

Jusqu'en 1342, pas de stèles en pierre, elles sont en bois. Cette interdiction sera levée au milieu du XVIllème siècle mais elles étaient autorisées dès le XlVème siècle dans le Hanau.
En 1784 124 juifs et 13 à la Yeshiva. En 1854 50 juifs.
Aujourd'hui zéro. La plus ancienne tombe date de 1590. Quelques explications sur le "pourquoi" des stèles en pierre.
Cela rappelle ceux qui sont morts dans le désert et pour ne pas que les animaux les déterrent, elles étaient recouvertes de pierre. C'est une coutume ashkénaze. On se lave les mains en sortant du cimetière car autour des tombes, il y avait de la terre et des touffes d'herbe et on se salissait.
Il fait froid, l'herbe est humide, le cimetière à flanc de coteaux s'étend sur 3,7hectares et certains d'entre nous mal chaussés et insuffisamment couverts retournent au car.
Nous poursuivons la visite et remarquons des tombes dont le style est influencé soit par le classicisme, soit par le baroque ou encore par le style Louis XVI. L'une porte un décor comprenant un couteau et deux godets, c'est celle d'un moël, une autre, une coquille renaissance, une autre encore un coeur et un linceul (pour recueillir l'âme), enfin une dernière avec l'aiguière des Lévites... Nous partons ensuite pour Ingwiller et traversons des villages avec des fermes des XVIII ou XIXème siècles.

En 1604 : première mention de juifs à Ingwiller, ils habitaient le Judenhof, mais pas de ghettos. 1663 : l'office est autorisé.
1784 : 195 âmes.
1850: 50 âmes.
1809.- la communauté acquiert ce qui reste du château.
1822 : nouvelle synagogue sur les caves du château. Les places sont transmises par testament ou achetées aux enchères,
1903 : clocher en forme de bulbe.
1913 : clocher recouvert de cuivre; une cloche pour sonner l'heure.
Le bâtiment a été préservé durant la dernière guerre mais saccagé par la jeunesse hitlérienne du cru. Le 16 Mai 1940 : bombardements, plus de vitraux.
Un chat noir entre puis sort de la synagogue, dérangé par notre groupe. Serait-ce le chat du rabbin ?
Ensuite nous nous rendons à Neuville-les-Savemes. On traverse le village pour se rendre aux anciens remparts et on y remarque quelques inscriptions hébraïques. L'une d'entre elles se traduit par "Sidonie, que son souvenir soit béni ".
Nous traversons le village et passons devant quelques maisons sans doute autrefois habitées par des juifs (présence d'encoches dans les murs pour y mettre une mezouza ». Dépêchons-nous, on nous attend à l'église St-Adelphe. Un monsieur de 80 ans nous commente les tapisseries du XVIème siècle qui retracent
la vie de ce saint, ancien évêque de Metz. Elles se situent dans la chapelle haute et avaient été commandées par le comte Philippe 111 de Lichtenberg. Elles ont été restaurées et sur deux d'entre elles on remarque un juif caractérisé par son chapeau pointu.
Nous nous arrêtons cinq minutes pour acheter des documents puis nous rejoignons le restaurant Herrenstein.
Ouf ! On peut s'asseoir et comme d'habitude nos papilles prennent le relais de nos neurones bien que certaines discussions restent sérieuses. Encore une fois, vin blanc, vin rouge, procurent leur effet et par mimétisme, même ceux qui ne boivent que de l'eau sont pris dans le tourbillon. Magie des lieux, de la viande de bœuf en sauce (on ne pense plus au cholestérol), de la purée de pommes de terre, des spissels ... Pierre Boulay nous précise que le vin blanc qui est proposé, est obtenu avec les fonds de tonneaux de crus différents. Il est fort apprécié des convives.
Dernière étape de la journée et non des moindres : le musée de Bouxwiller. Installé dans l'ancienne synagogue (1842), sauvée de la démolition en 1963 ; Il a fallu 15 ans pour réunir les fonds permettant l'aménagement de ce dernier.
Ce musée est remarquable par sa pédagogie. Il présente l'histoire des juifs français jusqu'à l'obtention de la citoyenneté, les grands moments de la vie d'un juif, les métiers qu'il exerce, les fêtes...
Béatrice Sommer commente avec brio les différentes vitrines et nous rappelle quelques éléments Les juifs sont arrivés en Alsace avec les Romains

Pour les distinguer ils portent la rouelle jaune (synonyme de traîtrise) décidé par le Concile de Latran en 1215 et vers 1300 le bonnet pointu.
Elle attire notre attention sur le schofar souvent confondu avec le grusselhorn (instrument à vent pour indiquer qu'il fallait fermer les portes de la ville).
Le 27 septembre 1791 les juifs sont citoyens français de culture mosaïque, libres et égaux en droit
En 1846 plus de loi différenciant le juif du chrétien.
Puis l'éternel recommencement : expulsion, extermination...
La synagogue est pillée et détruite par les nazis.
Retour à Strasbourg, fatigués mais ravis par cette journée qui n'est pas terminée car une choucroute nous attend au restaurant l'Ancienne Douane. On aurait pu croire que nous serions « éteints ». Que nenni !
Bière et vin blanc nous réveillent, ça papote, ça rit et le ton monte au fur et à mesure que les verres se remplissent. Nous ne déparons pas des autres tables.
Dernier jour : nous quittons l'hôtel avec nos bagages et nous nous rendons en car à Natwiller pour visiter le camp du Struthof. Il a été construit par les déportés dès 1940 et s'étend sur 15,5 hectares au sommet d'une colline et au milieu des bois.
Les déportés arrivaient en train jusqu'à Rothau puis montaient à pied les 5 kilomètres restants dans des conditions effroyables.
Il y eut au total 52 000 déportés parmi lesquels 83 juifs.

lis transportaient des pierres depuis une carrière, les montaient sous la surveillance des SS et de leurs chiens et n'avaient pas le droit de s'arrêter. Parfois on les obligeait à courir ou on les poussait et quand ils tombaient on leur tirait dessus, on les tuait en prenant prétexte qu'ils essayaient de fuir. Ils arrivaient alors dans le ravin de la mort.
Dès leur arrivée, ils étaient affectés à un camp n° 1, 2 ou 3, ce dernier étant le plus dur. En été, le réveil avait lieu à 4 heure, en hiver à 6 heure.
Que dire des appels interminables, des humiliations, des traitements, de la cruauté gratuite !
Le camp est dirigé par le commandant SS Hans Huttig qui n'a jamais regretté ses actions et qui a dit que s'il avait fallu recommencer il l'aurait fait.
Dès 1942, une baraque, puis petit à petit on arrive à 18. Aujourd'hui il n'en reste que 4, chacune faisant 12 mètres sur 44 et pouvant "abriter" jusqu'à 300 personnes. Autour, 8 miradors, des projecteurs, des gardes accompagnés de chiens.
Certains déportés étaient catalogués NN (Nacht und Nebel – c'est-à-dire Nuit et Brouillard). 75% des français en faisaient partie. Les femmes affectées à ce camp étaient exécutées. En février 1943 13 jeunes sont fusillés car ils refusent d'être incorporés dans l'armée allemande. Il y avait cette année-là entre 7 500 et 8 000 dépor¬tés.
La guide nous conduit en contrebas du camp où s'élèvent quelques baraquements. Nous pénétrons dans celui des peines où les prisonniers sont au régime pain et eau. D'autres, plus sévèrement punis, sont dans des sortes de cages où ils ne peuvent être ni assis, ni couchés, ni debout, et ils sont parfois 3 dans ces cages. Il existe aussi un chevalet à bastonnade, réminiscence moyenâgeuse de la roue.

Nous rendons ensuite dans la chambre à gaz. Je n'y pénètre pas. L'atmosphère est lourde, le silence pesant, nous sommes oppressés. Que dire ! Chacun se recueille, pense à ceux qui ont disparu. On a du mal à retenir ses larmes.
Des "expériences scientifiques" ont été menées sur des détenus par le professeur Hirt. Ce camp a été libéré le 25 novembre 1944 par la 6ène armée américaine. Il avait été évacué par les nazis dès le mois de Septembre. Imaginez le sort des survivants !
La visite est terminée, nous remontons la côte que tant d'hommes ont descendue et n'ont jamais remontée !
Aujourd'hui un mémorial de 40 mètres de haut, en béton, domine le lieu. Il a été inauguré par le Général De Gaulle en Juin 1960.
Il nous reste un petit moment pour voir le Centre Européen de la Résistance, à l'entrée du camp, inauguré par Jacques Chirac. Visite rapide mais résumant bien ce qui nous a été dit.
Nous allons ensuite à la ferme auberge du Charopont où nous nous détendons et profitons des produits de la ferme qui constituent notre déjeuner.
Retour à Strasbourg où nous faisons une petite croisière sur l'Ill. Nous revoyons l'Ancienne Douane, la Maison des tanneurs, le barrage Vauban, l'église St-Paul, le Conseil de l'Europe, l'immeuble d'Arte...
A notre retour, puisqu'il reste un peu de temps avant le reprendre le TGV, Brigitte nous conduit dans la partie "européenne" de Strasbourg.
De retour à la gare nous prenons le train, les places sont éparpillées et il règne une certaine pagaille. Mais chacun trouve sa place et nous arrivons gare de l'Est à 20 h 34. Chacun regagne son domicile.
Voyage intéressant, guides passionnés et passionnants, férus de judaïsme. Bravo à l'organisatrice. Aurons-nous droit à une découverte du judaïsme en Provence ?
Nous le souhaitons ardemment.