Contre le négationisme


Combattants, résistants, déportés

Notre époque semble favoriser les négationnismes et révisionnismes concernant les juifs dans Ia deuxième guerre mondiale. De nombreux grands esprits posent la question du pourquoi, en ce qui me concerne Ia réponse est hélas toujours Ia même, l'antisémitisme.

Comme notre époque est aussi celle de Ia victimisation, il est insupportable aux antisémites que les juifs justement soient l'étalon de la victimisation.

Pour l'instant donc leur combat consiste à nier ou au mieux à minimiser la Shoah. Mais les faits sont têtus et il devient de plus en plus difficile de nier "scientifiquement" Ia Shoah et tant mieux.

Mais cela ne les désarmera pas. Et leur soif de dénigrement reprendra bientôt un autre vieux "marronnier " du genre certes Ies juifs ont été massacrés car c'est un peuple de lâches qui a refusé de se battre. Le combat de mémoire concernant la Shoah est donc indissociable de celui des combattants juifs. Et là intervient l'autre argument révisionniste, que s'il y a eu des résistants juifs c'est qu'ils n'avaient pas Ie choix. Je le sais parce que je l'ai déja entendu. II est donc important de rappeler et maintenir Ia mémoire des milliers d'engagés volontaires qui, à l'époque, avaient même surpris et débordé les autorités militaires et civiles ; pourtant à ce moment ils avaient le choix, d'autant qu'on ne connaissait pas encore les noirs desseins des nazis les concernant.

La mémoire juive est une et indivisible, engagés volontaires, résistants, déportés. et hors de France les combattants des ghettos, les combattants dans les armées alliés, souvenons-nous que le colonel de l'Armée rouge qui commandait le détachement qui a pénétré à Auschwitz était juif, de même que les nombreux GI's juifs ou les combattants juifs palestiniens de Ia brigade juive de l'armée britannique.

Notre mission à nous concerne en premier lieu les engagés volontaires juifs en France et elle doit se faire en coopération avec les autres organisations de mémoire pour les résistants juifs ou les déportés. Et souvent, comme mon père, c'étaient les mêmes. d'abord engagés, puis résistants et souvent malheureusement déportés. En effet c'est aussi en rappelant les plus de trente mille juifs qui dés 1939 se sont volontairement engagés en masse et ont été incorporés, qui dans la Légion étrangère, qui en Afrique du Nord et dont les noms figurent tous dans les archives de l'armée française qu'on fera taire, pour un temps, les grognements haineux de Ia bête immonde.

Albert Szyfman

Mars 2007