Madame Lilenstein Chajna

(dite Hélène)


Madame Lilenstein, est née en 1910 à Ryki (Pologne), son père artisan fabriquant de boites à chapeaux, sa mère vendant ces boites sur les marchés. Elle est l'ainée de quatre filles,ses parents et deux sœurs ne reviendrons pas d'Auschwitz. Elle va à l'école primaire et au lycée en polonais à Varsovie, elle apprend le yiddish à la maison. A dix sept ans elle travaille comme vendeuse au magasin coopératif du Bund à Varsovie. Elle rencontre son future mari âgé de dix huit ans, Lejzor (Léon) Sandlarz, apprenti puis ouvrier tailleur, pour éviter de faire le service militaire il quitte la Pologne en avril 1930. A l'occasion de l'Exposition à Paris de 1930, Hélène rejoint son future mari. En janvier 1931 ils se marient en France, ils aurons deux enfants. En 1939 Léon s'engage comme volontaire dans l'armée française. Il a choisi la France et la liberté. Il est incorporé dans le 21°R.M.V.E. Le 30 mai 1940 c'est le jour anniversaire des six ans de Jacques son fils, c'est le jour de la mort de Léon, volontaire pour une mission de reconnaissance, il n' en n'est pas revenu. Hélène est seule à Paris, elle n'apprendra le décès de son mari que quelques semaines plus tard. A Paris, commence rafles et déportation, Hélène "protégée" par son statue de Veuve de guerre n'est pas vraiment inquiétée jusqu'à la visite matinale du 16 juillet 1942, malgré son mauvais français, elle se défend et obtient de ne pas être arrêtée. Après le 16 juillet 1942, même si Hélène et ses enfants ont été épargnés, il devient dangereux de rester à Paris. Les enfants mis à l'abri. Avec de faux papier, faisant d'elle une Alsacienne, Hélèneva partir en Zone non occupée, à Montauban, début 1943. Hélène va travailler dans une coopérative de fruits et légumes. Après la Libération, elle revient à Paris, l'appartement a été spolié, ses revenus sont limités à sa pension de Veuve de Guerre, s'inscrivant au Registre du commerce, elle va vendre de la confection sur les marchés. Elle rencontre Israêl (dit Jacques) Lilenstein, veuf, sa femme n'est pas revenue de déportation, il a deux enfants et devient la tutrice de son neveu Jacky orphelin. Hélène et Jacques vont devenir des militants actifs sur le plan sociale. Hélène serra l'une des première à adhérer à l'U.E.V.A.C.J. Très vite , elle serra membre de la Commission Sociale de l'Union, et, en particulier au lendemain de la guerre, sa contribution serra importante, il faut aider ceux qui sont revenu,anciens combattants, prisonniers, déportés résistants,à constituer les dossiers leur permettant de faire valoirleurs droits. En janvier 1961 est posée la première pierre, à Levens, de ce qui allait devenir Les Lauriers Roses,maison de convalescence. Lorsque l'Union crée le Monument des Engagés Volontaires 39/45 au cimetière de Bagneux, la dépouille de Léon y a été transférée d'un cimetière militaire, son nom figure parmi les 68 engagés volontaires "Mort Pour La France". C'est au sein de la Commission Sociale que son action serra la plus remarquable, après les dossiers, il y eu la visite aux malades, chez eux ou à l'hôpital. Les membres de l'Union ont su apprécier sa vaillance et sa fidélité, et les dirigeants successifs ont su qu'ils pouvaient compter sur elle.

Cette allocution lue, pendant une cérémonie pour Hélène Lilenstein, par Henri Bulawko est publié dans NotreVolonté N°4 (19) de juin-juillet- août 1991