Bernard PONS  Président de 1966 à 1976

Né en Pologne, il est venu en France entre les deux guerres. Le pays qu'il avait choisit comme nouvelle patrie,il le connaissait avant même de l'avoir vue. Ce pays il le connaissait à travers les œuvres littéraires et l'histoire. Humaniste et défenseur des causes justes,la France représente à ses yeux,le symbole de la liberté et des droit de l'homme.
Grand connaisseur des arts,Paris l'attirait tout particulièrement. Son violon d'Ingre était la peinture et les artiste peintres étaient nombreux à le considérer comme un ami sincère. Lorsque éclate la Deuxième Guerre mondiale, en septembre 1939,il estime que sa place est au coté de son pays d'adoption pour se battre contre le nazisme et pour l'honneur du peuple juif. Son comportement sous l'uniforme et ensuite dans les rangs de la Résistance a été exemplaire. Il a été décoré de la Croix de Guerre et fut ensuite nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.
Dès que la guerre prit fin par la capitulation de l'armée hitlérienne, Bernard Pons se trouve parmi les premiers à fonder notre Union. Dès le début,il occupe une place importante dans la direction de l'association…Pendant de longues années comme vice-président et durant les dix dernières comme président. Il n'y a pas de réalisations à laquelle Pons n'ait pas participé. Partout il mit la main à la pâte. Le Monument en hommage à nos Héros…A la publication du livre-album" Au Service de la France",à l'occasion du 10è anniversaire de notre Union…Il obtint les dessins des peintres juifs de valeur pour illustrer les textes …Il obtint le Chagall qui constitue en quelque sorte le prologue du livre… En présence de Pons l'ennuierait impensable. Il provoquait des discutions. Homme intelligent et cultivé,s'intéressant à tous les problèmes de la vie, il n'y a pas de sujet dont il pouvait exprimer l'avis… Homme honnête et droit,désintéressé, il agissait toujours dansl'esprit de l'Union… La situation au Proche-Orient et la guerre israélo-arabe l'inquiétait fortement. Ardent défenseur d'Israël et admirateur des réalisation du jeune État, Pons a toujours œuvré pour que la solidarité de notre organisation envers Israël traduise le sentiment de la grande majorité de ses adhérents; Avec la mort de Pons notre Union vient de perdre un valeureux et quasi irremplaçable camarade, un dirigeant d'une grande organisation,un président à la hauteur de sa tache.

Extrait de l'allocution d'Isi Blum

à l'assemblée générale du 24 octobre 1976. Publié dans Notre Volonté de novembre 1976
  

Bernard Pons

Chevalier de la Légion d'Honneur

C'est avec joie que nos camarades on appris qu'un des fondateurs de notre Union et son dévoué vice-président depuis de longues années, Bernard Pons, a été nommé Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur. C'est pour ses mérites dans la Résistance que cette distinction lui a été attribuée. nous publions à l'occasion de cette promotion le récit d'un exploit extraordinaire de notre camarade…

En septembre 1944, les 18.000 hommes de la division allemande commandé par le général Elster, stationnée entre Levet et Chateauneuf se rendaient aux alliés sans même tenter de combattre…

Ce qu'on ne sait pas, c'est que deux maquisards français sont à l'origine de cette rédition total. Deux hommes qui accomplirent l'une des missions les plus extraordinaire et les plus osées de la guerre : Bernard Pons et Raymond Launay…En septembre 1944, les 2.500 hommes du maquis du Cher, né en 1943, viennent de former le 1er régiment du Berry, qui, sans cesse, tend des embuscades à l'ennemi dans toute la région de Bourges. Le 6 septembre, au matin, le lieutenant Launay, au cours d'une de sesopérations, capture un convoi de la Croix-Rouge allemande rempli d'armes. Le médecin-major fait prisonnier ne cache pas que le moral des soldats allemands de la région est très bas. la division Elster, cantonnée de Levet à Chateauneuf, se trouve en effet dans une situation stratégique précaire, du fait de l'approche des troupes alliées,et est harcelée par les F.F.I. Aussi, le même jour, à 17 heures, le colonel Habert, commandant le 1er R.P.B., vivement intéressé par ces révélation, décide de tenter une manœuvre d'intimidation. Si elle réussit, beaucoup de sang français et alliée pourra être épargné. Hubert demande en effet à Pons et à Launay d'aller trouver l'état-major allemand et de remettre au général Elster une note qui dit en substance: " Rendez-vous. Vous avez perdu. Et nous savons que vous ne croyez plus à la victoire."…A peine eut-il jeté les yeux sur le message du maquis que le général allemand entra dans une violente colère. Je ne comprend rien à votre note, s'exclame-t-il en français, Nous n'avons nullement l'intention de nous rendre et la guerre n'est pas perdue!…" C'est donc vous les terroristes qui tirent sur nos troupes ? Où sont vos embuscades ?" Comme Pons et Launay reste silencieux, le général murmure : Évidement je ne puis pas vous demander de secrets militaires. Et il ajoute cette phrase terrible : Mais je ne reconnais pas le maquis.

"FAITES-LES SAUTER".

S'adressant alors aux officiers qui l'entourent, il dit en allemand: que fait-on d'eux ? La réponse vient immédiatement : Faites-les sauter ! Un seul des envoyés, Pons comprend l'allemand. Il ne tremble pas. Froidement, diplomatiquement, il essaie de marchander la vie de son camarade et la sienne. général, dit-il, une de nos formation a arrêté ce matin un convoi de votre Croix-Rouge remplie d'armes? Mais je puis cependant m'engager à obtenir l'accord de mon colonel pour libérer ses prisonniers. Ce sont probablement ces paroles qui ont sauvé les deux français. Après quelques secondes de réflexion, Elister accepte la proposition et ordonne de faire reconduire les maquisards à l'emplacement même de leur prise de contact avec son unité. Lorsqu'ils y parviennent, les officiers des avant-postes allemands leur demandent s'ils ont réussi leur mission. A la réponse négative des maquisards, ils hochent la tête en disant avec résignation : "Schade" ( Dommage! )…Cinq jours plus tard, Lister se rendait. La témérité de deux hommes l'avait mieux convaincu que ses propre informateur. La fameuse " note " avait fait son œuvre.

Jacques Gergeal ( Ce Matin-Le Pays du 15 août 1948 )

paru dans Notre Volonté N° 103 juin 1965