Maurice  SISTER                                                                                       

                        
Maurice Sister (Schuster) fut pendant de longues années secrétaire général de l'Union.

Lorsque Maurice Sister naît le 7 octobre 1911 en Bessarabie, cette région disputée pendant des siècles, entre la Russie et la Roumanie, est alors Roumaine. La condition des Juifs de Roumanie n'est guère meilleure que celle des Juifs de Pologne. La monarchie qui y règne est dictatoriale et foncièrement conservatrice et surtout violemment antisémite. De condition modeste, la famille de Maurice Sister ne peut d'autant moins lui faire faire des études que très tôt, il perd son père et c'est son oncle qui l'élève, celui-ci joue un rôle fondamental dans son apprentissage de la vie. Il l'éveille à la culture yiddish, mais aussi aux idées de progrès. Bien que défavorisé au plan social, Maurice Sister a très jeune un goût prononcé pour tout ce qui touche la culture non seulement yiddish mais aussi roumaine,russe et française. Très tôt se développe en lui une soif intarissable d'apprendre et de connaître… C'est un autodidacte et ce qualificatif prend toute sa valeur quand on sait ce qu'était la dure vie des juifs en Bessarabie. Maurice Sister est très sensible à la misère, à l'injustice et à l'antisémitisme. Il s'engage très jeune dans les rang du Parti communiste roumain, ce qui lui vaut d'être poursuivi et condamné à la prison. Dés lors il n'y a pour lui qu'une seule issue, l'exile. Où aller sinon en France, cette terre d'accueil pour tous les persécutés, le pays des Droits de l'Homme…Dès son arrivée, il réalise une de ses aspirations les plus chères, faire des études, il s'inscrit à la Sorbonne…Fidèle à ses engagements, Maurice rejoint les rangs des organisations politiques syndicales et culturelles proche du Parti communiste français, plus connu aujourd'hui sous le nom de la M.O.I. Pour Maurice ce n'est que lcontinuité de ce qu'il avait déjà fait en Roumanie, mais dans un contexte beaucoup plus démocratique, cela d'autant plus que le Front Populaire est au pouvoir…Alors que la guerre est désormais inéluctable, il n'hésite pas dès 1939 à s'engager dans l'armée française pour la durée de la guerre…Cet engagement est on ne peut mieux le témoignage de son immense gratitude pour sa patrie d'adoption mais aussi de sa volonté de combattre le nazisme. Après ses classes à Barcares, il est versé dans le 22° Régiment de Marche des Volontaires Étrangers ( R.M.V.E.). Avec celui-ci il combat sur la Somme début juin 1940. Il est fait prisonnier et envoyé dans un stalag de Prusse Orientale. Sérieusement malade, il a la chance d'être rapatrié en 1942. Il a pu cacher sa qualité de juif. A peine rentré, il s'engage dans la résistance active, dans les rangs de la résistance juive d'obédience communiste. Il devient alors le capitaine Christian qui combat d'abord à Lyon puis à Périgueux. A la libération, Maurice Sister continue à combattre non plus contre l'occupant et la collaboration désormais vaincus, mais pour venir en aide à ses camarades anciens combattants. Il es un des premiers fondateurs de l'Union des Engagés Volontaire Anciens Combattants Juifs, au sein de laquelle Il siège en son Comité Directeur sans discontinuation depuis sa fondation. Il aura le privilège et l' honneur de succéder à Isi Blum au poste de Secrétaire général. Dans ce même esprit d'entraide, il travail au Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, au retour des prisonniers de guerre et les circonstance ont voulu que son bureau soit attenant à celui du ministre, un certain François Mitterand. D'autre circonstances ont voudront que le 8 mai 1988, ce même François Mitterand, alors devenu Président de la République lui remette lui même les insigne de Chevalier de la Légion d'Honneur et lui décernant l'Ordre National du Mérite sous l'Arc de Triomphe. On ne peut rendre plus bel Hommage à un combattant engagé volontaire et résistant juif. Après la guerre, Maurice ne se préoccupe pas seulement du sort de ses camarades, mai il se consacre également avec beaucoup de dévouement et d'abnégation aux enfants juifs dont les parents on été massacrés par les nazis et la collaboration. Il est directeur d'une de ses nombreuses maisons d'enfants crées par l'U.J.R.E. Nombre de ces enfants sont aujourd'hui membre de l'Union. Peut après la libération, une fois sa mission accompli, Maurice retourne à ses premières amour, les arts et les lettres et devient journaliste, il exerce dans un certains nombres de journaux et revues du monde yiddish progressistes, principalement à la "Naîe Presse" ou pendant de longues années il assure avec autant de passion les rubriques culturelles. Mais il a surtout, tant que ses forces le lui permirent,œuvré pour faire de l'organe de l'Union "Notre Volonté "une revue appréciée des adhérents et du monde combattant, lui consacrant à la conception et à la réalisation de nombreuses heures précieuses. De cet homme doux dont la curiosité pour le monde ne s'est éteinte qu'avec lui, nous retiendrons qu'il a consacré sa vie pour de nobles causes et qu'il aura contribué, dans la mesure de ses moyens, à la sauvegarde du peuple juif, donc modestement à la sauvegarde de l'Humanité.

Extrait de l'allocution de David Douvette
parue dans Notre Volonté
N° 11 (201) Octobre-Novembre-Décembre 1994.