CINQ ANS
Il nous semble que c'était hier; le canon tonnait encore en Alsace et dans le Nord. Dès la tombée de la nuit les lumières étaient toujours
Le temps passe, les fenêtres camouflées dans Paris à peine libéré. Pas d'autobus, peu de lignes de métro. Nous avions du mal à croire que le cauchemar nazi fut enfin fini.
Subitement une nouvelle: deux initiatives prise simultanément cherchant regrouper les engagés volontaires juifs rescapés de la dernière guerre. Chacun des deux groupes qui avaient pris ces initiatives étaient peu nombreux. Après quelques semaines discutions on décide de s'unir:
«l'Union des Engagés Volontaires et Anciens Combattants Juifs 1939-45» était née.
Le premier Comité provisoire était crée. D'abord, une certaine méfiance règne au sein de ce Comité, mais le travail presse. Chaque jour amène de nouvelles et nombreuses adhésions. Sans cesse de nouveaux problèmes se posent...Les uns sont sans carte de séjour, de travail, d'artisanat ou de commerce. Les autres, spoliés, demandent notre aide pour la réintégration de leur logement ou fond de commerce. D'autres encore, sans travail, malades, veuves de guerre, demandent des secours. Il faut continuellement intervenir auprès des administrations. Il n'y a pas le temps pour des discutions stériles...Sans même qu'ils sans rendent compte, le travail et les soucis communs rapprochent nos camarades les uns des autres. L'amitié se fait de jours en jours plus étroite. Huit mois passent. Les Prisonniers et les déportés commencent à rentrer. De nouveaux problèmes ce posent concernant l'accueil de nos camarades survivants, et les secours à leur apporter...Le temps passe, les années s'écoulent, mais le travail ne ralentit pas un seul jour. Au contraire, le champ de nos activités devient de plus en plus étendu. C'était le Foyer, c'était l'U.G.E.V.R.E., dont nous fûmes l'un des promoteurs. Cet organisme étant affilié lui même à l'U.F.A.C., nous faisons partie ainsi de la grande famille des Anciens Combattants Français. C'était le devoir sacré de rendre hommage aux héros juifs tombés pour la France. Il fallait ramener le corps de nos camarades tombés au champ d'honneur, et dont les famille ne pouvaient pas s'en charger, et les rassembler dans une tombe fraternelle. Il fallait ériger un monument à leur mémoire, ainsi qu'a celle de tous les Combattants et Résistant Juifs, mort pour la France. Le spectre de l'antisémitisme i profilant à nouveau à l'horizon; nous nous sommes immédiatement dressés contre le péril naissant...Aucun aspect de la vie juive ne nous a laissé indifférent...Qu'il me soit permis aujourd'hui, à l'occasion de ce cinquième anniversaire, de rendre hommage à notre équipe qui a bien mérité de notre Union. Je voudrais adresser un appel à tous nos camarades de resserrer les liens qui les unissent entre eux et à notre Comité Directeur pour que nous soyons toujours à la hauteur des tâches qui se posent devant nous,et pour que,d'un commun effort, nous puissions aller de l'avant dans les chemins que nous nous sommes tracé.

J.Orfus

Article paru dans Notre Volonté No 7

 de novembre,décembre 1949