Joseph Clisci


Né le 12 novembre 1915 à Cliscaudi ( Bessarabie ) Joseph Clisci perdit sa mère à sa naissance et fut élevé par une grand-mère qui lui donna une instruction très religieuse. Son père, qui était comptable, l'envoya au lycée de Hotin où il montra de vives dispositions pour les mathématiques, mais il était obligé de donner des leçons tout en étudiant pour pouvoir gagner sa vie et payer ses études. Il poursuit des études brillantes à Bucarest, où il passe son baccalauréat et entre à l'École Polytechnique. Son action contre la terreur que font régner la Sigourantza ( police secrète ) et la Garde de Fer (organisation antisémite et fasciste) le désignent aux autorités. Arrêté puis mis en liberté provisoire, il s'enfuit…Il est alors à Paris ou il poursuit ses études, mais à la Faculté de Lettre cette fois…Lorsqu'éclate la guerre, il s'engage, comme la plupart des jeunes émigrés, dans l'armée française. Affecté au 21° R.M.V.E. dans une compagnie de mitrailleur, il est atteint d'une maladie pulmonaire qui le ferra réformer à la veille de l'invasion allemande. Marié depuis peu, il retrouve sa femme à Paris et ne tarde pas à militer dans les organisations clandestines de la Résistance. Il serra un des premiers volontaires du premier détachement de F.T.P. roumains lors de sa fondation, et malgré sa santé, il participe à toutes sortes d'actions. A cette époque, les F.T.P. n'ont pas encore d'armes et c'est avec des bouteilles explosives que Joseph et ses camarades provoquent incendies et explosions, en particulier dans les parcs et garages. Nommé chef de groupe de partisans au début de 1942, Joseph fait montre de grandes qualités militaires; il est audacieux et dévoué et il ne tardera pas à être à la tête de toute l'unité F.T.P. roumaine. L'attaque du Soldatenheim de l'avenue Simon Bolivar en janvier 1943 fut l'une des actions les plus brillantes qu'il ait organisées…C'est le 2juillet 1943 que Joseph devait livrer son ultime et dernier combat. Il s'agissait d'une attaque contre deux colonnes allemandes à Clichy. L'attaque avait été menée à bien, mais Joseph blessé, eu du mal à s'éloigner de l'endroit dangereux. Les ennemies fous furieux, firent donner l'alerte pour essayer de s'emparer des partisans…Joseph se traîne péniblement jusqu'à la cave d'une maison, 2, rue de l'Abreuvoir, mais des soldats et des officiers sont sur ses traces et tirent au jugé une première rafale de mitraillette à l'intérieur de la cave. Joseph attend patiemment qu'il s'approchent et, à son tour d'une rafale, fauche plusieurs nazis. Un groupe de S.S. arrive à la rescousse. Tous tirent au hasard et chaque fois qu'ils croient en avoir fini avec ses maudits "terroristes" et s'approchent du soupirail, il sont reçus par les balles de Joseph qui en tuent quelques uns. Cette bataille dura six heures…Enfin percé de balles, ayant perdu beaucoup de sang, ayant épuisé toutes ses munitions, à bout de force, Joseph se sert de sa dernière balle pour mettre fin à sa jeune et glorieuse vie…
Extrait de Combattants & Martyrs de la Résistance
de David Diamant, Éditions Renouveau